A Saint-James, marchez dans les pas de Guillaume le Conquérant, plus grand chevalier de Normandie, qui fit bâtir la forteresse de ce village ancestral de drapiers de la baie. Cette tradition séculaire est toujours vive dans ce village, et vous pouvez d’ailleurs visiter l’atelier de confection des tricots Saint-James et vous procurer votre marinière authentique ou votre pull marin.

La Forteresse

Des origines millénaires

Le berceau de peuplement de ce territoire Saint Jamais est Saint Benoit, bourgade située à 1.5 km de Saint James. Existant au VIIème siècle, ce bourg de Neustrie était déjà habité au néolithique. En atteste la présence d’un polissoir de hache en pierres datant d’environ -4000 avant JC.

La position stratégique de l’éperon rocheux, au pied duquel coule le Beuvron, conduit Richard sans peur, petit fils de Rollon, à choisir l’emplacement de ce qui deviendra Saint James. Au temps des châteaux en bois et des mottes castrales, il serait à l’origine de la première ligne de défense contre les Bretons qui cherchaient régulièrement à s’emparer du fief. La haie de terre, haut monticule de pierres et de terres, entouré de larges douves, reliait les rivières du Beuvron et de la Guerge, soit 1300 mètres de long.  Elle fut renforcée par les petits fils de Richard sans peur, Richard III et Robert le Magnifique, père de Guillaume le Conquérant. Il subsistera des traces de la haie de terre jusqu’à ce que les Américains l’arase en 1944 pour construire un aérodrome, utile à la libération du pays. 

Les remparts en pierres et le château ont été construits en 1067, sur ordre de Guillaume le Conquérant. Pour améliorer la défense de la citadelle, il fit noyer la vallée du Beuvron et créer trois étangs. 

De Saint-Jacques à Saint-James

Les fortifications de Saint James, alors nommée Saint Jacques de Beuvron, vont souffrir du passage des anglais durant la guerre de cent ans. Maîtres de la cité, ils vont partiellement la démanteler pour fortifier Pontorson, subissant des assauts bretons. Les Anglais finiront par quitter les lieux mais leur passage reste encré dans le nom de la ville.

Le Château, quant à lui, subira l’occupation des huguenots, à la tête desquelles nous retrouvons Gabriel de Montgommery, Seigneur de Ducey. Dès qu’ils seront expulsés manu militari par l’armée de Louis de la Moricière, capitaine du Mont Saint Michel, le château sera démantelé, en 1590, pour ne plus être cette place forte qui a su résister à tant d’ennemis.

Une large partie des remparts de la ville demeurent et en sillonnant le chemin de ronde, nous pouvons ressentir ces mille ans d’histoire. 

La guerre de cent ans puis les guerres de religion vont freiner son développement industriel et de nombreux artisans vont émigrer en Bretagne.

Le Bourg drapier

C’est à partir du XIème siècle que débutent les premières activités drapières dans la vallée du Beuvron. Les draps de laine vont s’échanger dans tout le pays et même au-delà.

Héritière de ce savoir-faire, l’atelier du « Moulin du prieur » poursuit, en 1850, la filature de la laine locale issue des moutons de prés-salés. Teinte et placée sur des écheveaux, elle est vendue dans les merceries. Des bonnets sortent déjà de l’atelier.

Du chandail marin à la célèbre marinière

C’est en 1889 que l’entreprise devient « les filatures Saint James » et que va débuter la confection de tricots. La notoriété de l’entreprise Saint-James s’est forgée sur un vêtement culte «le vrai chandail marin tricoté en pure laine vierge», destiné à l’origine aux marins pêcheurs, adopté ensuite par les grands navigateurs, plaisanciers et touristes.

En 1950, les Tricots Saint James abandonnent l’activité traditionnelle de filature et se concentre sur le prêt-à-porter. 

En 1977, les équipes, à l’étroit dans la vallée du Beuvron, s’installent dans la zone artisanale où ils demeurent aujourd’hui. 

Ces dernières années, l’entreprise se consacre au développement à l’international. Ses collections « bord de mer », pure laine, pur coton, séduisent désormais une large clientèle, non seulement sur les côtes françaises, mais également dans les grandes villes de l’hexagone, comme en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et même en Asie…

Détenteur d’un savoir-faire rare en tricotage, Saint-James® a obtenu en 2013 le label d’Etat « Entreprise du Patrimoine Vivant ». Mis en place pour distinguer des entreprises françaises aux savoir-faire, artisanaux et industriels, d’excellence, ce label réunit des fabricants attachés à la haute performance de leur métier et de leurs produits. Les Vêtements deviennent des symboles de l’artisanat français, offerts lors d’échanges diplomatiques.

Les ateliers se visitent sur réservation au 02 33 89 15 55. Informations : https://www.saint-james.com/fr/visitez-l-atelier