Complémentaires à la visite de l’abbaye, les quatre musées du village médiéval proposent une plongée dans le riche passé du rocher normand.

L’essor du tourisme au Mont Saint-Michel

Site religieux depuis des siècles, c’est lorsqu’il abrite une prison que le Mont commence à différencier ses visiteurs : les proches des détenus d’abord, les artistes romantiques ensuite. Dès la fermeture de la prison, et grâce au développement du tourisme balnéaire sur les côtes normandes, le nombre de visiteurs augmente de façon exponentielle : environ 10 000 dans les années 1860, plus de 30 000 en 1885, et jusqu’à 100 000 vers 1910. Le Mont s’ouvre désormais au tourisme : en 1879 on construit une digue pour faciliter l’accès, et l’accueil des visiteurs s’organise.

Le Musée Maquaire, ancêtre des musées actuels

Le premier musée est ouvert en 1888 par Amédée Maquaire. Ce notable parisien est également auteur du guide Le Mont Saint-Michel et ses Merveilles, l’abbaye, le musée, la ville, les remparts (1889). Ce bâtiment néo-gothique de trois étages se trouvait sur l’escarpement ouest du rocher, juste au-dessus de l’entrée principale. Ses collections narraient les principaux événements dont le Mont avait été le théâtre, ses légendes et la vie de ses « grands hommes ».  En 1936, dans le cadre des actions menées par le service des Monuments Historiques pour redonner au village son aspect historique, l’État rachète et démoli ce bâtiment. Une partie de ses collections se trouve aujourd’hui au Musée historique.

Musée Maritime

Enseigne du Musée maritime

Ce musée, situé dans la partie basse de la Grande Rue, permet de comprendre le phénomène des marées dans la Baie du Mont Saint-Michel, qui est le théâtre des plus fortes marées d’Europe continentale. Il explique également les enjeux de la récente Opération de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint-Michel. Curiosité à voir : une collection de 250 maquettes anciennes de bateaux.

Archéoscope

Situé face à l’église paroissiale du village, l’Archéoscope est un spectacle multimédia qui retrace de façon vivante et immersive la longue histoire du Mont Saint-Michel. De sa formation géologique jusqu’au site que nous connaissons aujourd’hui, en passant par les grandes étapes de construction de l’abbaye, le récit est ponctué de vidéos, reproductions de gravures et de nombreux jeux de lumières.

Logis Tiphaine

Logis Tiphaine

La visite de cette demeure historique du XIVe siècle permet de découvrir le cadre de vie d’un chevalier du Moyen Âge. On y trouve son mobilier d’époque, ses tapisseries, l’armure du chevalier Bertrand du Guesclin et le cabinet d’astrologie de son épouse, Tiphaine de Raguenel.
Bertrand du Guesclin, connétable de France, s’illustra pendant la guerre de Cent Ans. Selon la tradition, il fit construire pour son épouse une demeure au Mont Saint Michel car celui-ci était, en ces temps dangereux, l’une des places fortes les plus sûres et les mieux protégées du royaume. Tandis que son mari était sur les champs de bataille, Tiphaine de Raguenel prédisait ses succès et lisait dans les étoiles le destin du monde.

Musée historique

Entréée du Musée historique

Au pied de l’abbaye, ce musée retrace les 1300 ans d’histoire du Mont Saint Michel à travers des personnages de cire représentant les moines bâtisseurs et les prisonniers de l’abbaye. Une reconstitution des cachots et des oubliettes permet de comprendre les conditions de vie dans la « Bastille des mers ».
Le musée expose également une collection d’objets anciens (armes, sculptures, peintures, montres), des instruments de torture du Moyen Âge, une cage de fer de Louis XI et l’Enlisé dans les sables mouvants, figure récurrente dans l’histoire locale. Dans le jardin clos du musée, un des cinq derniers périscopes au monde, datant du XIXe siècle, permet de contempler une grande partie de la Baie.